
Cahier n°13
Rock Français
(1977-83)
Chronique d'un rendez-vous manqué
par
Laurent Jaoui
illustration de Hervé Bourhis
Présentation
de
"Rock Français (1977-83)"
Que
faut-il penser du rock français ? John Lennon, à mi-chemin
entre humour et sarcasme, a autrefois déclaré que le
« rock français était comme le vin anglais ».
Et notre Dutronc national de chanter sur le même ton ironique
« Merde in France, cacapoum, cacapoum… » Condamnations
rudes et implacables, venant même de notre propre camp. Pourtant,
avons-nous vraiment à rougir du rock made in France
? Pas si sûr. À la jonction des décennies 1970
et 1980, notre Hexagone a en effet proposé une scène
rock particulièrement créative, qualitative et dynamique.
Hélas, Téléphone ou Trust qui rencontrèrent
ces années-là le plébiscite d’un vaste
public ne furent que les exceptions d’un rock français
à l’insuccès quasi récurrent. Parmi les
autres, hérauts malheureux de ce (nouveau ?) rendez-vous manqué
de la France avec la musique binaire, trois groupes sortirent du lot
et symbolisèrent cet « âge d’or » qui
s’ignorait. Trois groupes aux histoires différentes mais
aux destins si semblables, trois groupes restés au pied du
podium et aux portes de la gloire mais trois groupes magnifiques ayant
eu le courage et l’audace de faire du rock au pays de Brel,
Brassens et Ferré, un pays définitivement plus accueillant
envers ses auteurs qu’envers ses musiciens. Il y eut Bijou,
les banlieusards rétro, Dogs, les dandys rouennais qui s’exprimaient
en anglais, et Starshooter, les punks lyonnais. De 1977 à 1983,
période charnière, foisonnante, riche, bordélique,
paradoxale et stimulante, ces trois groupes auront tout essayé
pour convertir la France au rock, pour inventer enfin un vrai rock
à la française. Si la greffe n’a pas pris, elle
aura néanmoins balisé le terrain pour les générations
suivantes. Pour ce livre, Rock Français (1977-83),
la plupart des protagonistes ont accepté de revenir sur les
faits, d’expliquer leur aventure. Ils nous racontent une histoire
joyeuse bien qu’inaboutie. Ils nous racontent leur jeunesse,
la vôtre peut-être. À vous de découvrir
maintenant leur destin peu banal. C’est haletant et rafraîchissant.
Comme le rock.
Journaliste
sportif à L'équipe TV, France 2 puis Europe 1, Laurent
Jaoui dirige aujourd’hui la rédaction de la chaîne
Infosport. Auteur de plusieurs livres sur le foot, il est passionné
de musique depuis l'adolescence, et notamment de rock français.
Avec cet ouvrage, il effectue son « coming out » et s’inscrit
dans le sillage de ses aînés ayant su allier passion
du sport et de la musique, tels Yves Bigot ou Patrick Mahé.
Pour ce livre, il a interviewé près de vingt interlocuteurs
majeurs de la scène rock française de 1977 à
1983.
Photo
© F. Kofman
160
pages - paru le 4 octobre 2010


Le
Mot de l'Auteur
J’aurais
voulu naître de l’autre côté de la Manche.
Là où aimer conjointement le rock et le foot n’est
pas incompatible. Le plus intéressant des auteurs anglais contemporains,
Nick Hornby, a bel et bien écrit deux chefs d’œuvre
quasiment coup sur coup. L’un consacré au ballon rond
(Carton jaune), l’autre à la passion dévorante
de la musique (Haute Fidélité). En France, vous aimez
le foot et vous êtes catalogués parmi les beaufs (j’entends
encore les ricanements de certains « sicos » quand j’annonce
mon vrai métier). Vous aimez le rock et ses dérivés
et vous êtes considéré comme un intello branché,
lecteur uniquement de Libé et des Inrocks. Je compte sur les
doigts de la main les exemples de confrères ayant réussi
à être crédibles dans les deux domaines. Patrick
Mahé, biographe de Cantona et d’Elvis Presley. Yves Bigot,
animateur radio du multiplex et des soirées rock. Et plus récemment,
Marc Beaugé passé tout droit de France Football aux
Inrockuptibles. Reconnaissez que ça ne fait pas beaucoup. Une
oreille collée au transistor pour vibrer aux exploits de mes
verts, ceux de Saint-Étienne et du Red Star. L’autre
à ma platine vinyle pour tenter, sans succès, de reprendre
les riffs de Vincent Palmer, Kent ou Dominique Laboubée. Voilà
comment j’ai passé ma jeunesse. Je n’ai jamais
été journaliste musical. Le milieu me semble encore
moins fréquentable que celui du journalisme sportif, pourtant
pas toujours ragoûtant. Il fallait que je fende l’armure,
que je me lance. Parler de musique malgré ma virginité
totale dans ce domaine.
Les collègues chanceux qui suivent
la Premier League, le championnat anglais, me le rappellent souvent.
Là-bas, chaque groupe de rock soutient ouvertement une équipe
de foot. Récemment, Hugues Barrière, le directeur de
cette collection, me parle d’un futur week-end à Londres
qu’il compte passer avec son fils. Heureux homme, lui dis-je.
Tu vas pouvoir lui faire découvrir à la fois le Marquee
et l’Emirates Stadium. J’aurais vraiment voulu naître
de l’autre côté de la Manche.
Laurent
Jaoui
Note
de l'éditeur : Ah Laurent, si tu savais, le Marquee
(en tout cas sa dernière demeure de Charing Cross, pas, certes,
ses plus prestigieuses adresses d'Oxford Street et Wardour Street)
est devenu un pub, où l'on diffuse... des matches de foot,
tiens tiens ! Seul un grand panneau commémoratif rappelle que
cet endroit fut le fameux Marquee Club. Il y a eu ensuite trois tentatives
de réouverture de la légendaire salle à différents
endroits de Londres, toutes avortées, le dernier Marquee ayant
fermé ses portes en 2008. Tout fout le camp ! Mais Londres,
elle, est toujours là, à 2h30 de Paris par l'Eurostar.
Off you go !
http://www.themarqueeclub.net/history
Revue
de presse
de
"Rock Français (1977-83)"
Contact
presse : Hugues Barrière - contact @ adlivre.com –
06 86 66 27 57




| 
chronique
du 9/12/2010
Sur
le même sujet, Rock français (1977-83), le
journaliste sportif Laurent Jaoui part en guerre contre
l’a priori qui entoure toujours cette appellation
réductrice de Rock français. Il faut dire,
John Lennon affirmait lui-même que "le rock français,
c’est comme le vin anglais". Comme grand défenseur
de la balance commerciale britannique, le Beatles a d’ailleurs
été récompensé et ordonné…
Une chose est sûre, au pays des cabarets et de la
variété, le rock a du mal à s’imposer.
L’échec commercial des Dogs, Bijou et Starshooter
aurait tendance à le prouver. L’enquête
de Laurent Jaoui est fouillée, truffée de
nombreux témoignages et prouve, une fois
encore, que le rock est affaire de mentalité et non
pas de langue. L’indispensable ouvrage de
cette fin d’année !
Hervé
Devallan
http://musique.sfr.fr/article/keith-richards-philippe-manoeuvre-frank-darcel-le-rock-se-met-a-la-page-113984/
|

| 
Pour
que Justice soit rendue
La France et le rock... vaste sujet que celui-là...
comment se fait-il que ce petit pays qui est le notre, féru
de culture et qui, en son temps, il faut certes remonter
aux lumières pour ce faire, rayonna sur le monde,
ait offert un si piètre accueil à cette musique
par ailleurs si populaire et répandue ?
Les Dogs
C’est
à cette question que s’attache à répondre
ce passionnant petit bouquin au travers de l’histoire
croisée de 3 groupes brillants mais qui ne réussiront
pourtant jamais à dépasser le statut d’outsiders
prometteurs, jusqu’à ce qu'ils jettent, pour
au moins 2 d’entre eux, l’éponge, minés
par le manque de reconnaissance et de succès, et
les affres qui s’ensuivent forcément en pareil
cas. Bijou, Starshooter et les Dogs, c'est par le biais
de leurs tristes destins que Laurent Jaoui, par ailleurs
brillant journaliste sportif, tente de comprendre ce rendez-vous
manqué entre l’une des musiques les plus importantes
du 20ème siècle et la culture hexagonale.
En moins de 6 ans, ils auront tout connu et tout tenté,
chantant en français ou en anglais, tentant l’aventure
hors des frontières de notre petit pays, évoluant
d’un rock sans concession à un univers plus
proche de la sacro sainte chanson française, c'est
avec le témoignage de tous les acteurs impliqués
de près ou de loin dans l’aventure que l’auteur
cherche à expliquer ce mystère.
Starshooter
Manque
de bol ? Amateurisme ? Dilettantisme ? Nombrilisme hexagonal
? Non, rien de tout cela, pendant ces 6 années chacun
des 3 groupes a, à sa façon, tout fait pour
se rapprocher au plus près du soleil du succès.
Alors est-ce par défiance à l’égard
de cette culture importée par le grand frère
américain, est-ce la pesante ombre de l’intouchable
chanson française sacralisée par les intellectuels,
incontournables en France, est-ce le syndrome Poulidor qui
peut expliquer ce loupé ? Un peu de tout cela sans
doute. Sans jamais répondre catégoriquement,
Jaoui donne des pistes, ouvre de portes, non sans rendre
un hommage ému et sincère à ces fantassins
passionnés et passionnants de la grande croisade
en terre française de la musique binaire.
Bijou
Voila
donc un bouquin enthousiasmant, hébergé par
une collection qui n’en manque pas (de ce que vous
pensez, gros dégoutants, mais surtout de bouquins
intelligents) qui se lit comme la biographie croisée
de 3 groupes malheureusement souvent sous-estimés,
mais aussi comme une réflexion construite et argumentée
brillamment sur l’histoire d’amour bancale et
décevante entre un pays qui ne manque pourtant pas
de public et d’artistes et un musique prompte à
appeler à la révolte, voire à la révolution....Où
sont tes armes citoyens ? Où sont formés tes
bataillons ? L’étendard (du rock français)
sanglant (oh que oui) est-il encore levé ? Vu ce
que l’on entend dans les campagnes (et pas que les
présidentielles), on est en droit d’en douter.
http://crewchro.blogspot.com/2010/11/rock-francais-1977-83-chronique-dun.html?spref=fb
|


| 
28 octobre
au 3 novembre 2010
Notre
rock est-il maudit ?
"En
France, il n'y a pas de scène rock. Alors que même
au Zimbabwe, il y en a une!" nous déclarait
le délicat Gene Simmons de Kiss. Un constat perfide
mais réaliste.En analysant le parcours des Dogs,
de Starshooter et de Bijou, trois groupes talentueux restés
dans l'ombre de Téléphone et de trust. Laurent
Jaoui, directeur de la rédaction d'Infosport, s'est
demandé si l'échec du rock français
était inévitable. Ce passionné de musique
ne se contente pas d'interroger les acteurs de l'époque,
il propose des pistes qui expliquent le "rendez-vous
manqué". la plus convaincante : chez nous, si
on ne rentre pas dans la case variété ou celle
de la chanson à texte, point de salut. Mais les pionniers
malheureux ont montré l voie : sans eux, Air et Phoenix
auraient-ils percé au-delà de nos frontières
?
François
LESTAVEL
|

| 
N°288
- novembre 2010

|

| 
17 octobre
2010

|

| 
15 octobre
2010

|

| 
janvier 2011
ROCK
FRANÇAIS (1977-83)
Chronique d'un rendez-vous manqué
de Laurent Jaoui
Depuis
son adolescence Laurent Jaoui aime le rock. Aujourd'hui
il nous fait partager sa passion avec son livre "Chronique
d'un rendez-vous manqué" aux éditions
Autour du Livre, les Cahiers du Rock. Il a écrit
cette histoire du rock français en choisissant une
période clé, 77 à 83 et 3 groupes français
différents, les Dogs (rock garage) qui chantaient
en anglais, Bijou (rock classique) et Starshooter (punk
rock) qui eux chantaient en français. Ces trois formations
ont marqué les esprits puisqu'on en parle encore
plus de trente ans après ! Mais tous se sont aussi
heurtés à un constat amer : impossible en
France de rencontrer le succès quand on fait du rock,
sans doute parce que le rock ne fait pas partie intégrante
de notre culture. Les français préfèrent
écouter de la chanson à texte ou de la variété
plutôt que du rock. Ce livre comprend tous les témoignages
des protagonistes de l'époque qui vous rappelleront
certainement des souvenirs et pour les plus jeunes vous
apprendront à découvrir cette belle époque
du rock hexagonal !
|

Vos
avis sur
"Rock Français (1977-83)"
(vous
pouvez nous adresser vos avis en écrivant à contact
@ adlivre.com)
   
Plume pour dingues
Ce livre sur un
sujet aussi pointu est, si j'ose dire, un petit bijou... En fait,
il ne lui manque, à mes yeux, qu'un peu plus d'anecdotes
sur Triangle, un autre groupe de rock français, dont j'avais
"osé" acheter un vinyle dans les années
70, mais qui s'était peut-être déjà dispersé
pendant la période 1977-1983 qu'ausculte Laurent Jaoui. La
rigoureuse minutie et la belle plume de l'auteur, qu'apprécie-ront
les "dingues" de rock (pas seulement français),
me font irrésistiblement penser à un avis exprimé
il y a des années par un certain Roger Thérond, qui
fut le patron charismatique de Paris-Match: selon lui, les journalistes
sportifs, souvent raillés par le public, qui ne voit en eux
que des "beaufs" incapables de bien écrire, étaient
les plus complets de cette profession. A choisir, Thérond
préférait confier la couverture d'un meeting politique
ou d'un spectacle à un journaliste sportif que celle d'un
match de foot à un journaliste politique ou un spécialiste
du show biz. Et Jaoui, connu comme commentateur de foot à
la radio, nous confirme la justesse de cette réflexion!
Joadan
(22 novembre 2010, amazon.fr)
   
Magnifique !
Fan de rock mais
connaissant plutôt mal le rock français de cette période
("le rock français , c'est comme le vin anglais"
selon Lennon, cité par l'auteur), j'avoue avoir éprouvé
quelque retenue (voire scepticisme ) avant de me plonger dans la
lecture de ce livre. Sitôt reçu, je n'ai pas boudé
mon plaisir et dévoré cet ouvrage en deux jours. Quelle
réussite ! L'auteur nous plonge littéralement dans
la France giscardienne de la fin des années 70; époque
où , avouons-le, il ne se passait pas grand-chose de frais
et de nouveau côté musical quelques temps auparavant
("Rappelle-toi minette", mega-succès de Patrick
Juvet en 73...ca vous pose le terreau de l'époque) .
Avec ce livre, on assiste, de manière précise, documentée
(l'auteur, précisons-le, a rencontré tous les acteurs
de l'époque), drôle souvent, émouvante parfois,
à la naissance d'une génération d'artistes
qui a donné ses lettres de noblesse au rock français;
n'en déplaise à Lennon.Et puis, quel style, quelle
verve, on sent la patte d'un auteur passionné,habité
dirais-je, par son sujet. Vous l'aurez compris, j'ai adoré
ce livre !
Adrian
(14 novembre 2010, amazon.fr)
   
c'est de la bombe
C'est un bijou,
hommage rendu à nos chers groupes de rock français
des années 80.Hommage qu'on attendait depuis longtemps pour
ces 3 groupes mythiques et pas assez reconnus jusqu'à aujourd'hui!
Volute
(7 novembre 2010, amazon.fr)
   
Des groupes qui ont joué partout, qui savaient tenir une scène
sans complexe.
Ce livre est très
bien, à consommer sans modération. Surtout qu'il parle
d'un temps d'avant la nouvelle chanson française. Dernièrement
ça devient du grand n'importe quoi ! Maintenant pour être
chanteur c'est nul, il suffit de faire des reprises et de passer
à la starAc ou la nouvelle Star. Je me souviens d'un vrai
concert de Kent au Troupeau, une minuscule salle parisienne!!! Somptueux!
Les groupes dont parle ce livre, ils ont joué partout, ils
savaient tenir une scène sans complexe.
D.H.I.
(5 novembre 2010, amazon.fr)
   
Ce livre réussit exactement là où j'attendais
qu'il échoue. Il m'a complétement bluffé.
Vous connaissez
ce sentiment : Il y a toujours, lorsque l'on s'apprête à
voir un film mettant en image un livre avec lequel on a eu une relation
presque passionnelle, une grande appréhension. Le résultat
sera-t-il à la hauteur de nos attentes ? Ne salira-t-il pas
à jamais notre version idéalisée de l'œuvre?
Le produit dérivé, pour peu qu'il ne soit pas de mauvaise
qualité, a de bonnes chances d'être apprécié
par le grand public qui ne connait que peu l'œuvre originale,
mais sera sans aucun doute inlassablement décrié par
les fans les plus enthousiastes. Ceux-ci se sentent trahis par l'adaptation,
attaqués dans leur intimité la plus profonde. C'est
un sentiment similaire qui nous habite lorsque, pour peu que l'on
ait un peu de bouteille et que l'on ait traversé des évènements
de notre histoire contemporaine, on se prépare à en
lire le récit traduit par une tierce personne essayant d'en
analyser les tenants et aboutissants. L'auteur, ayant forcement
une perspective différente de la nôtre, va-t-il trahir
la manière dont nous avons vécu les évènements
en question ? Pour peu que ces évènements soient ressenti
comme fondamentaux, et qu'ils nous touchent au plus profond, notre
appréhension, notre méfiance initiale à l'encontre
d'un ouvrage sur le sujet n'en sera que plus éminente.
Je
ne fais pas exception. Mon appréhension a la lecture de "Rock
Français (1977-83) - Chronique d'un rendez-vous manqué",
de Laurent Jaoui, était énorme. Le Rock français
de ces années-là, en effet, je l'ai vécu. Il
a bercé mon enfance. Il a instruit mes passions. Il a participé
à la construction de mon identité, dans ma petite banlieue
pavillonnaire, qui résonnait de ses échos à la
fois contestataires et éloquents. Bijou, Starshooter, les Dogs,
je les connais sur le bout des doigts. Gare à celui ou celle
qui touchera à mes icones. A ces souvenirs majeurs qui me guident
et qui m'épient, comme dirait Kent.
Dès
le livre de Laurent Jaoui reçu à la maison (acheté
en ligne...), je l'ai dévoré en moins de deux jours,
pressé que j'en étais d'être déçu.
Certain que j'en étais de tomber raide, victime de la trahison
d'un auteur qui ne pouvait forcement pas être à la hauteur
de mes souvenirs, de mes attentes. Ne pouvant surement pas (comment
cela serait-il même possible ?) retrouver l'odeur, la lumière,
la couleur de cette époque si particulière où
je chérissais ma Motobecane orange garée sous la véranda
des parents, et où j'écoutais Starshooter, Bijou, les
Dogs et autres Blessed Virgins en boucle sur ma platine?
Quelle
erreur de ma part !! Ce livre réussi exactement là où
j'attendais qu'il échoue. Il m'a complétement bluffé.
Pour deux raisons.
D'abord,
on sent dans ce livre que l'auteur est un journaliste professionnel.
Le quatrième de couverture et l'intro nous préviennent
: Il s'agit-là d'un journaliste de sport qui s'aventure dans
le domaine de la musique et du Rock. Mais cette précision est
superflue car on sent bien la minutie des enquêtes et des interviews
donnant la matière au bouquin. C'est un véritable plaisir
que de lire les propos des acteurs de l'époque. On les imagine,
trente ans de plus qu'en 1980, recevant un coup de fil d'un fou voulant
écrire leur histoire. On imagine le sourire silencieux et incrédule,
à l'autre bout de la ligne, de ces héros d'un autre
temps. Ils savaient qu'ils inventaient quelque chose de nouveau à
l'époque. Car le Rock français de ces années-là,
et Laurent Jaoui le démontre bien, n'était pas qu'une
pâle imitation du Rock anglais ou américain. C'était
un son et une attitude unique, ancrée dans ces mêmes
banlieues pavillonnaires des années 7O, de Lyon, de Nantes,
du Havre, de Paris, d'où je suis issu. L'énergique révolte
(plus tard commercialisée) de Starshooter; l'esthétisme
des Dogs, véritables aristocrates du Rock français (chanté
en anglais, pour l'épure et le style); l'inventivité
virtuose de Bijou, fleuretant entre la plastique mod et le rock dur
(le tout s'évaporant plus tard dans des excès de rockabilly
et d'alcool mal contrôlés): Laurent Jaoui réussi
à décrire tout cela de manière minutieuse, en
véritable Albert Londres du Rock français de ces années-là.
Mais
la deuxième raison, pour laquelle l'auteur m'a bluffé,
c'est que l'on sent qu'au fond, c'est un véritable passionné.
Non seulement il délivre une très bonne analyse des
raisons du fameux « rendez-vous manqué » de ces
groupes avec le succès commercial (des ventes plafonnant à
30.000 maxi contre 200.000 ou plus de disques vendus par albums pour
un Téléphone ou un Trust de l'époque - ces deux
groupes faisant figures d'exceptions à la règle). Mais
il arrive à décrire les motivations internes à
ces groupes, leur volonté de créer quelque chose d'unique,
la complexité des thèmes qu'ils abordent, l'élévation
de leur attitude au rang de véritable éthique. Il arrive
surtout à retranscrire l'air du temps de la fin des années
70, début 80.
Par
ailleurs, et ce n'est pas la moindre des choses, le vivre est bien
écrit. Comme je le disais, je l'ai lu très rapidement.
C'est parce qu'il est d'une lecture très fluide. C'est un vrai
plaisir que de lire ces anciens combattants du Rock français.
Et tous ceux qui tournaient autour également, ces découvreurs
de talents, comme Jacky, qui semble si sympathique et modeste. On
découvre aussi le propos de certains commentateurs «
spécialisés » qui semblent parfois assez imbus
de leur personne. Mais cela fait partie de la réalité
de ce milieu. En journaliste objectif, l'auteur retranscrit les bons
et les mauvais commentaires sur tel ou tel groupe, sur tel ou tel
chanteur, par tel ou tel commentateur. Le tout est ponctué
d'anecdotes surprenantes sur les habitudes des groupes en question
(le manoir familial des Dogs est excellemment bien retranscrit, ainsi
que l'énergie pure des concerts de Starshooter, ou la minutie
des heures passées à l'enregistrement des meilleurs
titres de Bijou). Je retiens particulièrement que l'on doit
le « come-back » de Serge Gainsbourg à Bijou. C'est
avec émotion que j'ai recherché puis trouvé sur
YouTube la fameuse vidéo ou Gainsbourg reviens sur scène
après 15 ans de silence, en duo avec Palmer (la vidéo
est mauvaise mais l'émotion de voir Gainsbourg et Bijou ensemble
n'en est que plus intense).
J'avais peur d'être
trahi par un auteur quelconque s'immisçant dans mes souvenirs
intimes pour les ravager de sa connaissance académique du
Rock français des années 70-80. Je me retrouve assommé
par un livre très bien écrit, et sublimant les sentiments
qui m'assaillent lorsque que je repense à cette nouvelle
vague à la super dégaine spéciale, électricité
en pagaille, sans paradis artificiels, sans illusions superficielles,
sans mémoire.
H.
Benjamin (4 novembre 2010, amazon.fr)

Sommaire
de
"Rock Français (1977-83)"
Le
rock français par Hervé Bourhis
Introduction : le panthéon discographique
1.
Salle d’embarquement
2. Place aux pointures
3. Le rock dans un bunker
4. L’âge d’or qui s’ignore
5. Parlez-vous français ?
6. L’inculture musicale
7. Voilà, c’est fini
Conclusion
Annexes
Index
Sommaire

Les
interviews exclusives
de "Rock Français (1977-83)"
Pour
cet ouvrage, Laurent Jaoui a rencontré,
interviewé et reproduit les témoignages de :
(par ordre alphabétique)
Yves
Bigot (journaliste)
Philippe Dauga (Bijou)
Jean-Bernard Hebey (journaliste)
Jacky Jakubowicz (Philips)
Jean-Lou Janeir (journaliste)
Jello (Starshooter)
Kent (Starshooter)
Catherine Laboubée (Dogs)
Vincent Lamy (Au bonheur des dames)
Bruno Le Trividic (Dogs)
Philippe Manoeuvre (journaliste/Bijou)
Antoine Masy-Périer (Dogs)
Vincent Palmer (Bijou)
Patrick Renassia (Rock Paradise)
Jean-William Thoury (Bijou)
Hugues Urvoy de Portzamparc (Dogs)
Michel Zacha (Starshooter)
Marc Zermati

Lire
un extrait
de "Rock Français (1977-83)"
Introduction
Panthéon discographique
Qu’est-ce
qu’un panthéon discographique ? La notion est si subjective.
Plein de morgue et de suffisance celui qui peut vous assurer posséder
dans son salon le nec plus ultra de la production musicale. Tous les
goûts étant dans la nature, on est forcément toujours
le ringard musical d’un autre. Il faut les voir, tous ces fous
sympathiques, ces obsessionnels du vinyle et du laser. Ces spécimens
ne nous semblent-ils pas parfois dignes de passer un petit séjour
dans l’établissement psychiatrique le plus proche ? Non
seulement vous les invitez chez vous mais en plus ils se foutent ouvertement
de votre bobine. Au lieu de visiter la cuisine, le balcon, le formidable
dressing (si pratique) et la chambre tout juste repeinte du petit
dernier, ils tombent en extase devant les quelques étagères
Billy d’Ikea qui vous servent de discothèque. Comme statufiés.
À deux doigts d’attraper un torticolis, tant chaque CD
est scruté, analysé. Froncement de sourcils, moue écœurée,
petit sourire de connaisseur, hochement de tête, voire sifflement
d’admiration. Ils passent par tous les états et vous
font passer un examen dont, généralement, vous ne sortez
pas vainqueur. Les obsédés du 45 tours, du 33 tours,
de la petite galette qui leur a succédé, du MP3 se comportent
comme des chasseurs en quête d’une nouvelle proie avec
qui échanger, discuter, s’engueuler. Les Stones en best
of, est-ce de la provocation ? Pourquoi manque-t-il tel album de Led
Zep ? Est-ce indispensable de faire cohabiter sur la même planche
de bois T. Rex et TC Matic ? D’ailleurs, à ce sujet,
quel est le meilleur rangement possible ? Nick Hornby a déjà
traité la question dans son incontournable High Fidelity,
n’y revenons pas. On a tous connu des gens de la sorte : des
amis, des amis d’amis, des frères de copines, des sœurs
de copains, peu importe. Pour eux (ou elles), la musique est fondamentale.
Plus qu’un passe-temps, c’est un mode de vie. Je n’ai
jamais osé leur poser cette question de peur de me faire rembarrer,
voire plus : dans leur discothèque parfaite, les trois groupes
suivants, Bijou, Dogs et Starshooter, auraient-ils leur place ? J’ai
toujours eu la crainte qu’ils ne me fassent répéter,
qu’ils prennent l’assistance à partie, ou tout
simplement qu’ils s’inquiètent de ma propre santé
mentale. Quoi ? Des groupes français, qui n’ont jamais
vendu et qui ont existé pour deux d’entre eux à
peine six années. Es-tu bien sérieux ?
Nous voilà bien partis avec un
tel « trio gagnant ». Des groupes si peu « bankable
», comme on dit aujourd’hui dans les salles de rédaction
et les maisons de disques. S’agit-il d’une blague, d’une
posture un peu snobinarde ou tout simplement d’un effet de style
pour tester ton auditoire ? Y a-t-il franchement quelque chose à
espérer d’une telle trilogie ?
Oui. Définitivement oui. D’abord
parce que ces groupes ont produit une musique épatante, pour
qui la trouve à son goût, certes, mais surtout parce
qu’ils sont fortement emblématiques de ce qu’a
été le rock en France à une certaine époque,
que l’on pourrait situer entre la fin des années 1970
et le début des années 1980. Car ces trois groupes détiennent
dans leur patrimoine génétique et dans leur expérience
tout ce qui explique l’insuccès quasi récurrent
du rock d’ici, comme le titrait joliment le mensuel Best il
y a environ trente ans. Bijou, les banlieusards rétro. Dogs,
les dandys rouennais qui s’expriment en anglais. Et Starshooter,
le gang lyonnais passé en un temps record du punk à
une variété rock oscillant entre pochade et désenchantement.
Six années, pour être précis, de 1977 à
1983, qui ont vu l’éclosion et la réussite de
tant de groupes. Six années qui ont marqué une période
jugée faste pour la musique en France, et ailleurs aussi. 1977,
l’année de tous les ras-le-bol. Marre du rock progressif,
des morceaux qui dépassent allègrement les vingt minutes,
des cheveux longs, des idées molles. Entre deux chocs pétroliers,
c’est l’année de l’énergie, de l’électricité,
la révolte, la rage au bord des lèvres. L’envie
de tout casser, de changer le cours des choses. « On voulait
faire la révolution », dit Kent, l’ex-leader de
Starshooter, celui-là même qui écrit aujourd’hui
pour Calogero ou Nolwenn Leroy ! Allez comprendre !?
Les pages qui suivent se proposent de
vous raconter trois histoires différentes. Et pourtant si semblables.
Trois destins, trois trajectoires. Symptomatiques d’une époque
foisonnante, riche, bordélique, paradoxale, stimulante, en
un mot comme en cent : bandante. Celle où quelques groupes
sans prétention ont failli toucher au but. Ont manqué
le grand public de pas grand-chose. Une période où les
mots « challenger » et « outsider » avaient
tout leur sens. Faire du rock au pays de Brel, Brassens et Ferré
aurait pu marcher. Oui, il s’en est fallu d’un rien pour
que la France, ce « pays si petit avec des routes trop longues
» pour reprendre les mots de Starshooter, ne devienne définitivement
une nation rock. La matière première était là,
comme de la terre glaise. L’enfournement n’a pas été
une réussite. La cuisson n’a pas pris, les groupes n’ont
pas trouvé leur public. Comme un rejet de greffe. Regrets éternels.
Les occasions ne se présentent pas si souvent. Il faut le reconnaître,
la lecture mathématique et froide des résultats ne laisse
place à aucun doute : il y a bel et bien eu échec. Mais,
au-delà du constat implacable, se cache une autre réalité,
celle d’un âge d’or qui ne portait pas son nom.
Celle d’une liberté créative assez rare, d’une
production quasi stakhanoviste qui, de nos jours, laisse songeur.
Dogs, Starshooter et Bijou n’entreront jamais dans les encyclopédies
au chapitre des meilleures ventes ni au Panthéon de nos musiciens.
Et après ? Faut-il pour autant oublier ce que ces trois groupes
ont apporté ? Non, bien entendu. Une lecture moins froide des
faits, une analyse subjective se plaçant au-dessus de l’arithmétique,
un regard lucide mais empathique ont le droit, si ce n’est le
devoir, d’exister. La plupart des protagonistes sont encore
en vie. Certes, ils ont changé, vieilli, se sont calmés,
sont rentrés dans le rang (pas tous d’ailleurs, vous
le constaterez). La camomille et la verveine ont pu remplacer le bourbon
et la bière. Les guitares ont été débranchées
et le propos adouci. Ils sont ventrus, grisonnants, dégarnis,
abîmés peut-être mais toujours présents.
Avec une envie folle de revenir sur les faits, d’expliquer cette
époque, de reparler de ces moments. Pas un n’a décliné
notre invitation. Personne ne s’est retranché derrière
le temps qui passe. Aucun n’a refusé de s’expliquer.
Et tous les entretiens se sont terminés de la même manière
: par un sourire nostalgique. Jamais d’aigreur, aucun ressentiment,
peu de regrets. Les musiciens, journalistes, professionnels de la
profession (si chers à Jean-Luc Godard) de ces années-là
se sont montrés disponibles et conciliants. Diserts surtout.
Ils nous racontent une histoire joyeuse, foutraque, inaboutie certes.
Ils nous racontent leur jeunesse, la vôtre peut-être,
la mienne assurément. Le rock en France a eu une jolie période
et ces trois groupes en sont les meilleurs exemples. À vous
de découvrir maintenant leur destin peu banal. C’est
haletant et rafraîchissant. Comme le rock.
© 2010, Autour
du livre.
Reproduction interdite sans autorisation préalable.

Commander
"Rock
Français (1977-83)"
Vous pouvez commander cet ouvrage sur ce site en payant par carte
bancaire (paiement sécurisé via paypal). Il vous sera
expédié dans les 24 heures suivant votre commande, à
compter de sa date de parution, le 4 octobre 2010.

Livre |
Livraison
en France
métropolitaine + Belgique |
Livraison
à l'étranger (Zone A)
Europe (sf Belgique) |
Livraison
à l'étranger (Zone B)
Etats-Unis, Canada, Dom-Tom |
|
|
|
|
160
pages - paru le 4 octobre 2010
14
€
EAN: 978-2916560-199

Les
Dédicaces de Rock Français (1977-83)
Le
lancement aux 3 Baudets
Chez
le disquaire Rock Paradise
Au concert de Bijou SVP (Ozoir-la-Ferrière)
Au salon du livre de Méry-sur-Oise
Au salon du livre de Paris (19 mars 2011)
| et
Autour du Livre / Les cahiers du rock
vous
invitent à venir rencontrer Laurent Jaoui, auteur de "Rock
Français (1977-83)"
le samedi 11 décembre 2010 de 14h à 18h
chez
le disquaire Rock
Paradise,
42 rue Duranton, 75015 Paris. |
Laurent
Jaoui, Hubert Mansion,
Hugues Barrière
(Aut. du livre)
Photo © DDD |
Hugues
Barrière
(Autour du livre), Patrick Renassia (Rock Paradise),
Laurent Jaoui
Photo © S. Raymond |
Au
concert de Bijou SVP (Ozoir-la-Ferrière, 12 nov. 2010)

Au
salon du livre de Méry-sur-Oise (février 2011)
avec Aude Turpault

Au
salon du livre de Paris (19 mars 2011)
avec Aude Turpault
Oui,
Aude et Laurent sont vraiment deux bons caractères !

La
soirée de lancement aux 3 Baudets

Kent Cokenstock
répond aux questions de Jacky - Les 3 Baudets (05/10/2010)
© D.D.

Laurent
Jaoui répond aux questions de Jacky - Les 3 Baudets (05/10/2010)
© D.D.

L.
Jaoui et Ch. Geudin en dédicace - Les 3 Baudets (05/10/2010)
© D.D.

|