La
Bande Passante, de Alain Pilot :
(émission du samedi 5 mars 2011)
La
matinale de Yassine Belattar et Thomas Barbazan :
(extrait n°1)
2
mars 2011
Reportage
de Damien Gourlet au "5 Bis rue de Verneuil" :
(La matinale de Guillaume Cahour)
Bienvenue
chez Basse :
(Annonce / Aude Turpault)
Interview
de Aude Turpault :
(Bienvenue chez Basse)
16 février 2011
Une
interview de Lionel Guiblin :
2 mars 2011
Une
émission animée par Sophie Elie :
(1ère partie)
Une
émission animée par Sophie Elie :
(2ème partie)
avril 2011
Dériveur
rétrospectif, j’ai souvent péleriné
rue de Verneuil, regrettant de n’avoir pas osé
actionner la sonnette du 5 bis. J’aurais voulu connaître
la bibliothèque aperçue par Marie-Dominique Lelièvre
(lire Gainsbourg sans filtre, chapitre 10, Flammarion,
2008) et toucher des yeux la maison imprégnée
de réminiscences littéraires : Contes
de Grimm, vieux papiers de Mallarmé, Benjamin Constant,
Stendhal, Plancy, Nodier, Hoffmann, ces éditions de Charles
Dickens qui me fit entrer en littérature. Au lieu de
cela, je suis resté sur le seuil et c’est sur le
seuil que je contemple souvent les photographies de Samuel Veis,
celles du graffiti spontané qui ornent le mur comme un
manteau. Connaissez-vous Le mur de Gainsbourg (EST,
Samuel Tastet Éditeur, 2009) ?
Aude
Turpault
a passé le seuil. Elle avait 13 ans. C’était
en décembre1986. L’adolescente n’avait pour
vade-mecum que sa passion et sans doute un peu plus, la recherche
d’un père, l’architecte des abîmes,
celui qui fonde une foi dès lors que l’art est
le recours. Avec une copine, elle tente le passage de la douane.
Elle tremble. La porte s’ouvre. Les deux filles sont admises
à la pédagogie des fantômes du souvenir,
au luxe qui éclabousse, à des fastes d’effondrement.
Ce sont les cinq dernières années d’une
vie qui s’anesthésie dans le grand shaker du néant.
Aude Turpault est le témoin d’une déréliction.
Elle n’argumente pas. Elle décrit, comme une épiphanie,
des jours tendres, le naufrage et la bonté, la dérive
d’un homme-enfant pris à la gorge par la défaite
de l’art. Un petit livre immense qui serait comme une
réponse aux Lettres à un jeune poète
de Rainer Maria Rilke. Guy Darol
n°31 - avril 2011
Entre
13 et 18 ans, Aude Turpault réussit à pénétrer
dans l'intimité de Serge Gainsbourg, alors en mode Gainsbarre.
Quelques années plus tard, elle relatera cette étrange
relation dans un livre assez troublant, au style à fleur
de peau, réédité ces jours-ci.
Le
verdict de Tête de chou : Un récit sincère,
sans esclandre, qui retrace une belle, douce, drôle et
franche amitié. Une autre facette de Gainsbourg à
découvrir de toute urgence par le biais de la belle intégrité
de son auteure.
Interview
vidéo d'Aude Turpault, "5 bis", un livre qui
raconte 5 ans d'amitié avec Serge Gainsbourg
Aude Turpault a eu la chance de cotoyer Serge Gainsbourg pendant
plusieurs années alors qu'elle était adolescente.
Une histoire sincère et émouvante qu'elle raconte
dans un livre sobrement intitulé "5 bis". En
rien voyeur contrairement à d'autres ouvrages qui se
sont également installés dans les librairies,
ce livre vous permettra de découvrir un Gainsbourg attachant,
intime, touchant..
Nous
avons interviewé Aude Turpault cette semaine devant la
maison de Serge Gainsbourg :
Il
aurait soixante-quatorze ans. Elle, elle en a vingt-neuf. Sur
lui, tout a été dit. Sur elle, possible que ça
commence. Probable qu’elle rentre dans le cercle médiatique
qui a effeuillé sa tête de choux à lui.
Elle a rencontré Gainsbarre comme on tombe sur le bonheur
: en frappant à sa porte. C’était au 5 bis,
rue de Verneuil, Paris VIIe. Tout a commencé en décembre
1986. Une histoire qui durera cinq ans.
Issue
d’une famille qui se prévaut de n’aimer «
que les garçons », elle est le vilain petit canard.
« Personne chez elle ne lui demande rien. Rien n’est
grave à son âge. » Elle a treize ans. Petite
Lolita des faubourgs, elle ne connaît que la violence
et la solitude que son amie A.-C. tempère. Quand on désespère,
si jeune, on rêve autant qu’on peut. On aspire à
l’inaccessible. Pour elle et sa copine, l’échappatoire
s’appelle Gainsbourg. À trois, ils iront d’hôtels
luxueux en concerts. Le bohême Rock’n Roll. Étalage
de billets de banque, virées en taxis, éclats
de rires : jouer avec la vie comme les gosses s’amusent
en compagnie d’amis imaginaires. Profiter du père
Noël tant qu’il est là. Se marrer, tant qu’on
est en vie. Désinvoltes, jusque dans les sentiments.
Cacher sa misère, « le sourire plein de larmes
». Chez elle, les hommes ne pleurent pas. Au 5 bis, papa
Gainsbourg ne se retient pas. À l’opposé
de cette image de monstre qui lui colle à la peau (image
qu’il a cherchée mais qu’il ne supporte pas),
il se montre tendre, angoissé, sensible à l’excès
: le revers légitime des gens apparemment trop sûrs
d’eux dans la provocation.
Les
parents des deux petites ont peur, ne comprennent pas. Mais
qui pourrait saisir cet amour à trois à la fois
charnel et chaste, salvateur et pernicieux ? « On »
passe à côté, « on » crache
sur eux, « on » se moque. Mais de « on »,
on s’en fout. Tant pis si les autres n’ont pas droit
au bonheur singulier des passions pures.
5
ans, comme 5 bis : voici le premier roman d’Aude Turpault,
qui parcourt une deuxième fois ces cinq années
qui l’ont grandie. Coup marketing ? La sortie du livre
ne correspond à aucune date commémorative. Coup
éditorial ? Aucune révélation « sulfureuse
». La pudeur est telle qu’elle n’évoque
même pas son nom : les deuxièmes pères,
on ne les appelle pas par leur prénom. One shot déguisé
? Plus qu’un témoignage, Aude Turpault nous livre
une narration aux personnages travaillés. Le style est
sans détour : limpidité et lucidité : «
Elle se parfume et se maquille pour être moins seule ».
Touchant comme un songe de petite fille. L’humilité
en plus : si tout le monde connaît la fin du chanteur-auteur-compositeur-esthète-maudit,
Aude Turpault n’hésite pas à clore sur les
mots d’une autre. En 1998, avant d’écrire
la chanson La fan de sa vie (« Puisque sa vie te rassure
/ Et que la tienne est trop dure »), Zazie était
déjà l’auteur d’un hommage à
Gainsbourg intitulé C’est comme ça («
Mieux vaut taire le mal qu’on a / Quand l’autre
s’en va / Je ne dirai plus un mot de toi / C’est
mieux comme ça »).
On
se dit qu’aucune plume n’est de trop. Que chaque
texte répond à l’autre. D’abord fan
puis amie du génie du « genre mineur », Turpault
est avant tout de celles qu’on aime pour elle-même.
"Et
puis de mon côté moi je vous recommande un livre
dont je vous dirai très peu de choses parce qu'on a
très peu de temps, mais aussi en même temps parce
que c'est un livre très fragile, très très...
comme du cristal, voilà ! C'est un livre très
pur, d'Aude Turpault, qui s'appelle "5bis" aux éditions
Florent Massot." Patrick
Poivre d'Arvor
novembre
2002
Requiem
pour un bon
Le titre fait référence à l'adresse de
la rue de Verneuil, dernier sanctuaire de l'homme à tête
de chou, dans la vie duquel la narratrice s'est inserrée.
Âgée, lors de sa rencontre avec Gainsbarre, de
13 ans, Aude Turpault en a aujourd'hui 30. Sans révélation
libidineuse ni déclaration sulfureuse, le récit
d'aude Turpault montre Gainsbourg au crépuscule de sa
vie sous un autre jour : un être fragile, angoissé,
un compositeur esseulé qui s'amuse à jouer au
Père Noël avec une "lolycéenne"
perturbée. Un texte lucide et dépouillé,
une page de plus dans la littérature consacrée
au grand Serge sur lequel, visiblement, tout n'a pas encore
été dit.