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par
Clarisse Mérigeot
Lire
un extrait - Commander - Revue
de presse
Clarisse
M. travaille pour plusieurs magazines, et ces sésames lui permettront
peut-être de rencontrer un jour Dave Grohl, le chanteur des Foo
Fighters, l’ancien batteur de Nirvana, l’homme de sa vie.
Car Clarisse M. est une fan, pire, une groupie, même si elle serait
prête à jurer le contraire devant Dieu. En vérité,
les journalistes ne
sont-ils pas des fans avant tout ? Alors elle écrit sur Dave
parce que c’est indispensable, même si c’est ridicule.
Pour l’atteindre, pour être admise dans le saint des saints.
Pour se faire une place dans un monde où accéder à
l’artiste que l’on vénère est une guerre.
Parce que s’il lit ce livre et qu’il l’appelle, elle
aura gagné, et elle se fera tatouer son visage sur le bras. Elle
l’a juré !
Entre
récit, auto-fiction et délire fantasmatique, Clarisse
Mérigeot explore en profondeur les différentes facettes
de la condition de fan. Projection, attirance, distanciation, auto-analyse,
sexe… Elle se prête à tous les questionnements et
à tous les stratagèmes qui la mèneront à
son idole, à son absolu, à son Nirvana.
Clarisse
Mérigeot est journaliste. Elle vit à Paris. Elle a 25
ans.
acebook
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64
pages - paru le 1er octobre 2008 - 8 €
(Autour du livre / Récits Rock)
Lire
un extrait...
Je
devais avoir dix-sept ou dix-huit ans, je venais de perdre ma mère,
et il semblerait que ce soit là un excellent point de départ.
Des
heures de queue devant la Brixton Academy de Londres au mois de décembre,
un interminable voyage en Eurostar, les doigts crispés sur
un appareil photo caché à l’entrejambe pour déjouer
la surveillance des vigiles. Les cheveux de David étaient tellement
longs que j’en eus pour mon argent. Peut-être à
l’époque était-il encore célibataire ?
Il y avait toute cette tension, tout ce sperme qui circulait, toutes
ces envies. Le premier concert est une expérience parfaitement
sexuelle qu’on se rappelle toute sa vie. Tumulte de tambours,
larsens à côté de Diane et papa.
Quand
il aura fini de jouer dans une heure ou moins David partira et nous
ne nous reverrons pas.
Il
n’y avait à ce moment là pas une matinée
ni une après-midi brûlante sans regarder la pochette
de l’album et ce cou, cette nuque tatouée du logo «
FF » pour Foo Fighters, nom d’un groupe absurde et laid.
Il n’y avait pas une après-midi sans la fenêtre
ouverte, sans la moquette rouge de ma chambre et sans les cigarettes.
Sans écouter le disque en boucle, sans le remettre encore et
encore et trouver à chaque nouvelle écoute quelque chose
de nouveau et cette putain de voix sexy qui te murmurait dans l’oreille
que tout pour toi était encore possible. Les photos du disque
étaient belles et patinées, le genre de photos qui ont
l’air intimes et qu’on apprécie, genre prises dans
son intimité chez lui.
Il
se peut très bien que tout ça n’ait pas vraiment
de sens mais cela a-t-il vraiment de l’importance ?
La
jeunesse pardonne tous les excès, surtout ceux des sentiments.
Je sais que j’aimais déjà David, je sais que je
le désirais et c’était normal. Il était
beau, il était brun, il était américain. Il avait
à l’époque de longs favoris que j’aimais
caresser visuellement et des lunettes chromées sur le bout
du nez. J’ai gardé toutes les photos de lui de cette
époque-là, et il m’arrive encore de les regarder.
David
Grohl 2000-2001, post Nothing Left to Lose.
J’aimais
les batteurs, j’aimais l’odeur de la sueur, et il était
batteur de Nirvana. Pour moi, ceux qui s’étaient arrêtés
à sa présence dans ce groupe n’avaient rien compris.
Il y avait la lumière que dégageait Kurt Cobain, lunaire,
mais malgré tout éblouissante. Il y avait ce soleil
sans fin qui faisait de l’ombre aux autres membres du groupe
et ce garçon chétif aux cheveux gras derrière
lui. Il était jeune, sa jeunesse ingrate, mais quelques années
plus tard il allait décupler son sex-appeal en se faisant couper
les cheveux.
Dave
Grohl était ce genre de mec dont la carte de visite en impose
et ne pardonne aucun faux-pas. Le genre de mec qu’on attend
au tournant et qui derrière ne vous déçoit pas.
Batteur de Nirvana n’était pas une mince affaire pour
refaire sa vie, et je trouvais quelques évènements de
la sienne si beaux qu’ils provoquaient chez moi la naissance
des sentiments les plus extravagants. Des années plus tard,
je me rendis compte qu’il portait à cette époque
un perfecto. J’en porte un aujourd’hui, quinze ans après,
mais plus lui. Ses cheveux ont été coupés, recoupés,
lavés, relavés, mais moi je n’ai pas évolué.
Les
hommes de la vie d’une femme se suivent et se ressemblent tous,
parfois sans qu’elle sache vraiment pourquoi. Je serais avec
les miens horriblement exigeante pour leur reprocher de ne pas être
lui. Les femmes sont des bourreaux qu’il faudrait juste ne jamais
pardonner.

Matin
gris de décembre, température polaire. La neige tombait
à Paris sur les Champs- Élysées. Un nouveau single
venait de sortir, je crois.
All
my life.
Sur
la pochette mon cœur qui saigne, Anton Corbijn plus Raymond Pettibon.
Refuser de trop écouter un disque de peur qu’il ne s’use,
de peur qu’il n’en reste plus rien. Mais le remettre quand
même quitte à en racheter un autre après. Aujourd’hui,
je décidais de prendre ma vie en main. Première étape,
devenir journaliste. J’avais essayé de jouer de la guitare,
j’avais essayé de jouer de la batterie, mais je n’avais
jamais réussi.
N’était-ce
pas comme cela que l’on procédait ?
© 2008,
Autour du livre.
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64
pages - paru le 1er octobre 2008
8
€
EAN: 978-2916560-106

Revue
de presse

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Une
longue nouvelle, très enlevée, signée par
une jeune journaliste de 25 ans, Clarisse Mérigeot, sur
le thème de la condition existentielle d’une jeune
fan de rock’n’roll… L’héroïne
de cette réjouissante (auto)fiction s’appelle Clarisse
M., journaliste-et-fan (un seul et même état émotionnel
?), de Dave Grohl, l’ancien batteur de Nirvana, le chanteur
des Foo Fighters, aujourd’hui âgé de 39 ans…
Comment approcher l’idole dont on est en quelque sorte
la captive amoureuse ? Comment être en même temps
lucide sur son état (en conservant les facultés
pour l’analyser) et succomber avec délices à
la quête de « l’homme de sa vie » ?
Réponse en une soixantaine de pages alerte et drolatique.
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décembre
2008 |
Le
Rock Radio Show
de Thomas VDB |
Ecouter |
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décembre
2008

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n°5 - décembre
2008
  1/2
"Ces
sortes d'antibiographies, semblables à de longs poèmes
en prose, constituent un genre à part entière de
l'écrit rock. On n'est pas loin du récit initiatique,
dans une divagation nourrie de théories fumeuses et réjouissantes.
Parfois même, la journaliste-fan perd son sujet en route
- soit l'icône Dave Grohl, qui passe alors au second plan
- et l'on se prend à suivre la narratrice, qui révèle
ses failles, ses blessures, sans complaisance, avec style et élégance.
Elle est bouillante, Clarisse, tout comme son écriture
: "Il y avait toute cette tension, tout ce sperme qui circulait,
toutes ces envies." Espiègle : "J'étais
la pauvre de David, je mangeais les miettes de son talent."
Elle le voit comme une star rayonnante en se croyant elle-même
dans l'ombre ; puis, miracle de l'écrit, c'est l'inverse
qui se produit. Des plumes aussi nerveuses et malignes, à
vingt cinq-ans, c'est plutôt rare. Et précieux."
C.F.
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n°13, décembre 2008
Fan
hardcore de Dave Grohl (batteur de Nirvana, band leader des
Foo Fighters), Clarisse Mérigeot narre sa vie rêvée
avec le tatoué tumultuaire. Dans un bref récit (que
l'on relit aussitôt après l'avoir lu), cette jeune
journaliste au style effusif décrit la cristallisation
des sentiments, une passion égale à un chemin de
croix. Entre les révélations papillonnes de Pamela
Des Barres (la plus célèbre groupie d'Hollywood)
et les portraits chargés d'effluves et de vertiges signés
Lester Bangs, Clarisse Mérigeot mène son aventure
vraie (ou presque), tambour battant et cœur sincère.
Guy Darol
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