par
Jerry Leiber, Mike Stoller et David Ritz traduit
de l'américain par
Hugues Barrière
Les
légendaires auteurs-compositeurs de Hound Dog, Jailhouse
Rock ou Stand By Me racontent leur parcours et la genèse
de leurs plus grands tubes pour Elvis Presley, Ben E. King, Peggy
Lee, les Drifters, les Coasters... Un must.
Gilles
Verlant présente Hound Dog, l'autobiographie
de Leiber et Stoller dans sa "Scandaleuse
Histoire du Rock", que vous pouvez retrouver
chaque jour sur France
Bleu et sur facebook.
Episode
108 : The Coasters / Yakety Yak (1958) :
27 au 31 décembre 2010
La saga de R.K.K. (Rémy Kolpa
Kopoul)
Ecouter
la chronique (part 1) :
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la chronique (part 2) :
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la chronique (part 3) :
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la chronique (part 4) :
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la chronique (part 5) :
Rockoscopie, par David Taugis
20 février 2011
Hugues
Barrière, traducteur et éditeur du livre
"Hound Dog, l'autobiographie de Leiber et Stoller",
répond aux questions de David Taugis dans son émission
Rockoscopie.
Ecouter
la chronique :
Janvier 2011
Janvier 2010
Janvier 2010
4 décembre 2010
Emission "Un Torrent de musique"
Chronique de André Torrent
Ecouter
la chronique :
3 décembre 2010
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de patienter quelques instants pendant le début du
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18 décembre 2010
Jerry
Leiber et Mike Stoller ont fait chanter, entre autres, Elvis
Presley, Ben E. King, Aretha Franklin, les Rolling Stones...
Hound dog, leur autobiographie, revient sur le travail essentiel
de ces hommes de l'ombre.
Il y a deux livres rock n'roll à retenir en 2010
: l'autobiographie de Keith Richards, Life, dont tout le
monde a parlé, et celle de Jerry Leiber et Mike Stoller,
Hound dog (éd. Autour du livre). Le premier a donné
au rock son esthétique et son style de vie. Les deux
autres lui ont donné ce qui faisait sa force : des
chansons capables de résister au temps. Des années
50 à aujourd'hui, deux des plus grands artisans pop
que l'histoire ait connus nous offrent avec Hound Dog un
voyage miraculeux de fraîcheur et de cool attitude.
Les
deux musiciens laisseront à la postérité
une œuvre fondatrice, élaborée dans l'ombre
des grandes idoles blanches et noires. A leur génie
mélodique, rival de celui du légendaire Otis
Blackwell - l'auteur de Don't be cruel ou Fever -, Ray Charles
et Ben E. King doivent l'essentiel de leur popularité,
née sur la foi des tubes estampillés Leiber-Stoller.
Quant à Elvis, champion idéal des airs de
la paire, sa carrière prend un tour décisif
lorsqu'elle croise sur une bande artisanale les frénétiques
Jailhouse rock et Love me, rivant à son trône
encore vert le futur King of rock'n'roll.
Leiber
and Stoller : la signature la plus glorieuse et célèbre
de la chanson américaine de ces 50 dernières
années, née dans la chambre de gamins âgés
de 17 ans. Avant même de se connaître, ils étaient
chacun de leur côté passionnés par la
culture et la musique noires. Leiber à Baltimore,
Stoller à New York. L'un écoutait de vieux
78 tours de blues et l'autre du boogie-woogie, du jazz de
La Nouvelle-Orléans, et bientôt du be-bop de
Charlie Parker. Le mot « rock & roll »,
à ses débuts, était davantage un label
de marketing qu'une philosophie de vie. Alors que dans le
rhythm & blues, il y avait l'âme de la culture
noire, et puis une sensualité. De la sexualité,
aussi.
Née
officiellement dans le Billboard en 1949, l'expression «rhythm'n'blues»
avait pour but de réunir sous la même étiquette
ces musiques noires que l'industrie blanche ne savait trop
comment appréhender. Avant cela, on parlait de «
race records » ou de « Harlem hit-parade »,
les petits labels indépendants (« indies »)
pullulant depuis les années 30. Majors comme indies
étaient entre les mains des Blancs. Ainsi Hound Dog,
le simple qui s'est le mieux vendu d'Elvis, a-t-il été
écrit par ces deux jeunes Juifs du nom de Jerry Leiber
et Mike Stoller qui, à la recherche d'une chanteuse
noire de r'n'b, l'enregistrèrent d'abord en 1953
avec Big Mama Thornton.
Celle-ci
en fit un n°1 dans le hit-parade r'n'b, trois ans avant
qu'Elvis ne se l'approprie, se gardant par la même
occasion les services de Leiber et Stoller, redoutables
génies de la chanson. Juste avant qu'ils ne débarquent
en 1955 chez Atlantic pour y lancer les Clovers, Coasters
et autres Drifters de Ben E. King. Le récit à
deux voix de leurs vies s'articule autour d'une alternance
de confessions, mi-orales, mi-écrites - le journaliste
David Ritz est aux manettes, Hugues Barrière à
la traduction. On se plonge au coeur du rêve des deux
hommes qu'on accompagne à un rythme effréné,
en savourant les anecdotes : la course qui n'aura jamais
lieu avec le jeune James Dean, la vie, la mort, les mariages,
la famille, l'arrivée de la tornade noire, Phil Spector,
Tennessee Williams en happening littéraire... Un
des ouvrages les plus passionnants qui soit, sur l'envers
du rock.
Joël
Isselé
décembre 2010
3
décembre 2010
Pop Life
Il
y a eu deux livres rock'n'roll en 2010 : l'autobiographie
de Keith Richards, Life, dont tout le monde a parlé
et celle de Jerry Leiber et Mike Stoller, Hound Dog. Le
premier a donné au rock son esthétique et
son style de vie. Les deux autres lui ont donné ce
qui faisait sa force : des chansons capables de passer les
siècles. Des années 50 à aujourd'hui,
deux des plus grands artisans pop que l'histoire ait connus
nous offrent avec Hound Dog un voyage miraculeux de fraîcheur
et de cool attitude.
L'histoire démarre, comme à n'importe quel
endroit de la culture américaine du XXème
siècle (BD, cinéma, musique classique), par
la rencontre de deux petits juifs nés dans les années
30. Jerry Leiber vient de Baltimore. Mike Stoller a grandi
à New York. Les deux familles juives s'en tirent
plutôt pas mal et arrivent bientôt à
Los Angeles pour se nourrir de Californie et de perspectives
de croissances ensoleillées. Leiber et Stoller ne
se connaissent pas encore mais sont déjà faits
l'un pour l'autre. Stoller a appris le piano dès
l'âge de 5 ans. Il rencontre un pianiste boogie-woogie
qui l'initie aux façons atypiques de jouer de l'instrument.
Leiber rêve de faire du cinéma. Il fait le
siège de Cecil B. DeMille qui lui conseille, le plus
sérieusement du monde, de faire de la gymnastique.
« S'il s'avère, lui dit-il, que vous ne savez
pas jouer la comédie, vous serez au moins costaud
et séduisant.» Leiber prend un petit boulot
dans un magasin de disques et rencontre le producteur Lester
Still. Ce dernier lui demande de lui chanter une des chansons
dont il lui parle de manière si enthousiaste. Ce
sera « Real Ugly Woman ».
Mais
Leiber ne sait pas écrire la musique. L'ami à
qui il avait pensé pour l'aider vient de perdre son
père et lui conseille d'aller voir un pianiste doué
qu'il a croisé lors d'un concert. Ce sera Mike Stoller.
« Leiber and Stoller » : la signature la plus
glorieuse et célèbre de la chanson américaine
de ces 50 dernières années, née dans
une chambre de gamins âgés de 17 ans. Tout
part toujours de là : une chambre magique qui glisse
de L.A à Manchester, de Manchester à Liverpool.
Le reste appartient à l'histoire du rock et de la
culture internationale. Les standards de ces deux-là
ont fait le tour de la planète dans des genres assez
différents. Les deux hommes s'accordent sur un territoire
commun : le blues, qui leur permet d'évoluer aussi
bien vers la soul (ils composent avant tout pour des groupes
noirs au début) que vers le rock qui n'est pas encore
né. Stoller, le compositeur, est sophistiqué
et pondéré. Leiber, le parolier, est nerveux
et impatient. Les deux hommes, comme tous les grands duos
ou presque, ne sont ni tout à fait opposés,
ni tout à fait semblables. On appelle ça la
complémentarité : la leur est remarquable,
professionnellement parlant, mais aussi lorsqu'il s'agit
de raconter leur vie.
A
toute vitesse
Hound
Dog, la chanson qui donne son titre à l'ouvrage,
est peut-être la plus célèbre de leurs
créations. On voit, sur la couverture du livre, les
deux auteurs qui entourent Elvis Presley. Elvis a les yeux
qui sourient. Il tient dans les mains la partition de Jailhouse
Rock, un autre de leurs tubes. Hound Dog n'était
jamais que la 3ème chanson qu'ils écrivaient
ensemble. Big Mama Thornton la chantait à la perfection
et Elvis a massacré un couplet sans qu'on sache pourquoi.
Il les appelait « ses porte-bonheur » avant
que le Colonel Parker ne les excommunie et ne mette fin
à une collaboration qui aura été aussi
brève que fabuleuse. Complémentarité
des talents : l'un compose, l'autre écrit, ou les
deux, si bien qu'on ne sait, après ces 300 pages,
jamais exactement d'où vient « la chose »,
l'art de composer des chansons. Et c'est ce qui est bien
ici : le secret est préservé, la magie est
intacte. Jamais de brouilles, assez peu d'engueulades (les
divorces sont évoqués avec une retenue magnifique),
que du beau sourire californien, des femmes (un peu), de
l'alcool (moins qu'en réalité), des échecs
qui annoncent des réussites, des coups durs qui relèvent
les têtes au lieu de les briser.
Jerry
Leiber et Mike Stoller savent y faire : leur récit
est fabuleux. L'écriture (le journaliste David Ritz
est aux manettes, Hugues Barrière à la traduction)
est tout bonnement remarquable : le récit à
deux voix de leurs vies s'articule autour d'une alternance
de confessions, mi-orales, mi-écrites. Les séquences
se mêlent avec une fluidité assez exceptionnelle
pour ce genre d'ouvrage. Impossible de voir les coutures.
On se plonge au cœur du rêve des deux hommes
qu'on accompagne à un rythme effréné,
en savourant les anecdotes : la course qui n'aura jamais
lieu avec le jeune James Dean, la vie, la mort, les mariages,
la famille, l'arrivée de la tornade noire Phil Spector,
venu leur arracher leurs secrets pour les faire fructifier
ailleurs, Tennessee Williams en happening littéraire
et puis l'histoire de la pop qui va et vient comme si elle
avait choisi ces deux-là pour se donner en spectacle.
Hound Dog raconte la naissance d'un métier (le songwriting)
et d'une industrie (du disque, du show). Les partitions
s'arrachent. Les grands chanteurs (Presley, Sinatra) ont
leurs écuries d'auteurs, des scouts qui repèrent
les bonnes plumes. Un business s'organise autour des catalogues
et « Leiber And Stoller » survivent, décennies
après décennies, avec la solidité d'une
chaîne ADN, imperturbable et immuable qui continue
de coder des chefs d'œuvre (Stand By Me, le Mirrors
de Peggy Lee devenu culte, on en passe des centaines) et
de ressusciter les morts. Ni face cachée, ni envers
du miroir : tout est juste en place comme dans un conte
de fées avec revers de fortune, sorcier noir et princesses
charmantes qui se pointent quand il faut. On donnerait son
âme au diable mille fois pour avoir eu dix ans de
la vie d'un de ces deux-là.
Au
final, Hound Dog est peut-être le livre le plus intéressant
et le plus optimiste qu'on aura lu cette année, en
littérature comme en littérature rock. C'est
un parcours de vie qui fait immanquablement penser à
la destinée de Joe Shuster et Jerry Siegel, les créateurs
de Superman, aux Extraordinaires Aventures de Kavalier et
Clay (encore elles !) de Michael Chabon bien sûr,
mais aussi à des tas d'autres romans d'apprentissage.
Ajoutez y un brin de soleil, quelques paillettes, et des
filles belles à couper le souffle (la harpiste Corky
Hale, bon dieu), une sélection des meilleures chansons
du duo (il existe un mini-coffret en 3 CD qui fait l'affaire
et qu'on peut trouver d'occasion pour 10 euros) et vous
tenez l'un des cadeaux de Noël les plus chouettes que
vous pourrez faire à un amateur de rock.
Hound
Dog, l'autobiographie de Jerry Leiber et Mike Stoller, Autour
du livre, 2010.
Leiber
et Stoller restent pour nombre d’entre nous des noms
inconnus. Pourtant, nous avons tous certainement déjà
fredonné au moins une de leurs chansons. Qu’on
aime le rock ou pas, certaines mélodies s’impriment
dans nos mémoires sans même y avoir été
invitées.
Et
ces deux là ont écrit non seulement des chansons
qui ne vous quittent pas, ils ont aussi une vie tout à
fait extraordinaire !
Tout
commence alors qu’ils ne sont que des adolescents.
Ils ne se connaissent pas encore, mais tous deux sont transportés
par cette musique qu’ils découvrent, le boogie-woogie.
Leur rencontre sera rythmée et orchestrée
autour du blues, et parce qu’ils étaient au
bon endroit au bon moment, ils vont vivre l’effervescence
du rock n’ roll en écrivant pour les plus grands,
et pour des voix noires essentiellement : Big Mama Thornton,
Elvis Presley (bon, un blanc qui chante comme un noir),
The Coasters, The Drifters, Ben E King…
L’un,
Stoller, est pianiste et “sait écrire la musique”,l’autre,
Leiber est parolier. Les séances d’écriture
sont souvent une affaire de négociation comme en
témoigne la naissance de la célèbre
chanson « Kansas City », écrite pour
Little Willie Littlefield. Elles peuvent durer des jours
entiers, mais parfois la magie opère instantanément
et un tube comme « Jailhouse Rock » (Le Rock
du Bagne) écrit pour Presley peut naître en
quelques minutes.
Ils
n’ont pas l’esprit commercial. Ce qui les fait
avancer, ce ne sont pas les chiffres de vente, mais plutôt
entendre leurs titres interprétés par les
plus grands. Qu’importe ! Leur réputation ne
tarde pas à les précéder et leurs chansons
sont des succès. Elvis ne peut plus se passer d’eux,
il les appelle ses porte-bonheur.
Un
bonheur qui sera partagé par les lecteurs de cette
autobiographie à deux voix, admirablement mise en
scène dans le texte, où l’impression
nous est donnée d’être assis au coin
du feu avec ce duo légendaire. Ils nous racontent
leur fabuleuse histoire, avec toujours autant d’énergie
et de passion. Il y a de la magie, de l’émerveillement,
de jolies rencontres.
Retour
dans les années 50 ; Leiber & Stoller, les légendaires
auteurs compositeurs de Hound Dog d’Elvis Presley,
de Stand by me de Ben E King etc., sont les artistes du
moment. Précurseurs du rock’n’roll et
architectes de chansons figurant parmi les plus cultes du
20ème siècle, Hound dog retrace la vie d’un
duo légendaire, véritable success-story comme-on-en-fait-plus.
Les
deux garçons se rencontrent à l’âge
de 17 ans, après avoir respectivement quitté
NY & Baltimore. "Moving to LA", comme disait
l’autre. Le soleil est partout, les filles sont jolies.
Mike
Stoller joue du piano, il en jouait même avant de
savoir lire. Jerry Leiber est quant à lui songwriter.
Il nouera contact avec un dénommé Lester Still,
producteur en vogue, et l’alchimie opèrera
; on retrouve bientôt les deux acolytes impliqués
dans des collaborations plus que fructueuses...
« Je savais déjà tout de Leiber
et Stoller. C’étaient ces fichus types
blancs qui écrivaient les chansons les plus
noires de ce côté du Mississippi. J’adorais
ce qu’ils faisaient. »
Ray Charles
Dans
un premier temps, le duo écrira principalement du
Rythm & Blues ; leur musique est jouée par une
majorité de groupes Soul, le rock n’est pas
encore dansé. Armés de textes poppy , Stoller
et Leiber mettront tout le monde d’accord grâce
à de vrais tubes comme Hard Times (Willie Littlefield),
Hound Dog (Big Mama Thornton, Elvis Presley), ou encore
Stand by me (Ben E. King).
Ecrire
une autobiographie, c’est toujours délicat.
Tiraillé entre l’egotrip fantasmé et
le récit ennuyeux rempli de moi-je, difficile est
l’exercice, et de nombreux auteurs s’y sont
brisé l’échine ; tout le monde n’a
pas le talent d’André Malraux (Antimémoires)
… ou de Keith Richards (Life). Ecrit en double voix
dans un style narratif superbe, alternant les phases de
confessions et d’anecdotes, le récit est fluide
et coule avec clarté. On entre dans l’intimité
des musiciens, de leur processus de création mais
aussi et surtout, dans leurs remises en question et leurs
doutes. Sans jamais dévoiler la recette exacte de
leur génie, les deux papys reviennent dans cet ouvrage
avec nostalgie, sur des années pleines de magie,
de femmes, de succès etc.
Hound
Dog résume ainsi l’histoire extraordinaire
des deux talents que sont Leiber et Stoller, des artistes
nés pour se compléter, nés pour écrire
des mélodies éternelles et que rien ne prédisposait
à entrer dans la légende. Si Christophe Colomb
a découvert l’Amérique, alors ces deux-là
ont découvert le rock!